Un départ autour du monde, c'est un coup de projecteur braqué sur un bateau et son équipage qui s'éloignent. Serrement de coeur sur le quai de Paimpol en voyant le bateau s'éloigner. Et après? Après on gamberge beaucoup.
    On pense aux nuits de quart, aux journées de mer. La même question revient toujours: Mais où sont-ils? Pas de réponse. Alors on s'achète une carte du monde à la Fnac, on l'accroche au mur et on regarde la route que doit suivre le bateau.
    Puis un jour on apprend par le téléphone arabe qu'ils sont bien arrivés à Porto Santo après 10 jours de mer; que tout va bien. Quelques lignes sur l'e-mail: "vents favorables, bonne route, une bonite de deux à trois kilos pêchée". Quel soulagement, on sait enfin où ils sont. 
    Mais encore?. On n'en sait pas plus.
    Aussi peu d'informations obtenues pour autant d'énergie dépensée à penser aux circumnavigateurs!. C'est sûrement le lot des terriens. Condamnés à se contenter de peu de nouvelles, à guetter un fax, puis à écrire pour se défouler. Seul le temps permettra de se faire à ce nouvel ordre des choses.
    Et puis, tous ces moments où l'on pense à ses parents partis autour du monde à la voile, c'est aussi beaucoup de rêve à disposition.
    Finalement, on n'est pas si malheureux.

    Marine