Un peu à l’ouest d’Isla Grande, on trouve la rade
de Porto Bello. C’est un mouillage un peu rouleur, dans un estuaire
de rio, que surplombe un village plutôt important pour la région.
Dans le village: quelques « ruines«
de grands bâtiments coloniaux, style entrepôts.
Juste à l‘extérieur sur les pentes qui
surplombent le rio, des deux cotés de la baie: des ruines de fortifications.C’est
ce qui reste du terminal d’embarquement de tous les trésors que
les espagnols expédiaient vers Cartagena.
La petite histoire dit que les entrepôts de Portobello
étaient quelquefois tellement pleins, que les marchandises les moins
précieuses (comme l’argent…) étaient entreposées à
l’extérieur, dans les rues...
De nos jours, c’est à Portobello que se déroule
tous les ans la fiesta del « Cristo Negro« . C’est
une sorte de pèlerinage, dédié au christ noir, et
c’est l’occasion d’une fête qui dure toute la semaine.
Ici, ce qui est remarquable et mémorable
c’est que pendant les deux derniers jours des festivités, une foule
de pélerins-pénitents, tous revêtus d’une robe mauve
plus ou moins brodée d’or, accourent de tout le Panama le
long de l’unique route qui mène ici.
Enfin, quand je dis accourent, c’est à genoux
que ces braves gens se rendent sur les lieux du pèlerinage.
Depuis où ?
Certains depuis sans doute assez loin, d’autres
depuis le dernier virage avant le village…
A chacun selon ses péchés...
Tous ont l’air d’en baver un maximum et sont accompagnés
par un soigneur-suiveur qui, en fait, les précède en
balayant leur chemin à grand coups de palmes de cocotiers.
Certains poussent la mortification jusqu’à se
faire couler, par leur « soigneur », de la
cire brûlante sur leur dos nu ! Ceux là doivent avoir beaucoup
péché…
Le dernier jour, certains pénitents arrivent en
traînant une croix sur leur dos. Au moins ceux là épargnent
ils leurs genoux !
Nous en avons même vu un qui avait poussé
le raffinement jusqu’à équiper le pied de sa croix d’une
roulette.
Moderne !!!
On retrouvera tous ces gens un peu plus tard, reposés
et repus, participant a la liesse populaire en dansant la salsa…
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